Mercredi 17 février 2010
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Les osselets de la mémoire
Les enfants morts et leurs regards
Une poupée perdue un soir
Pourquoi est-il toujours trop tard
Je pense que j’étais Anna
Rachel Sarah ou Déborah
Je m’imagine avant l’enfer
Avant les vents broyant nos fers
Qui me dira pourquoi je tremble
En rescapée des infamies
Mon judaïsme en souffle ami
Un doux shabbat qui me ressemble
C’est comme si je l’avais vécue
Cette autre enfance aux pas perdus
Les cris la honte et l’indicible
Lorsque l’amour fut inaudible
J’ai peur de monter dans les trains
Toute fumée m’est âme morte
Comme si mille tendres mains
Me demandaient de rester forte
Depuis toujours je suis l’écho
De ces détresses et des sourires
Les enfants juifs peuvent mourir
Je soufflerai à Jéricho
Toutes les poussières d’étoiles
Moi la petite goy timide
Je serai d’Exodus la voile
Les rires morts en ciel limpide.
Par ROSETTA
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Publié dans : poesie juive et biblique
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Mardi 9 juin 2009
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Je suis faite de tous les visages ( Poème de Rachel Franco )
Je suis faite de tous les visages
Des femmes qui, à l´âge tendre sont excisées,
De celles qui vivent enfermées par leurs geôliers légaux,
De celles qui, pour avoir serré la main d´un autre homme, sont mutilées
De celles aveuglées par l´acide des maris suspicieux,
De celles qui, au nom d´un honneur de famille sont mutilées, assassinées,
De celles qui, au nom de la Charia sont lapidées,
De toutes ces femmes inconnues qui souffrent
Parce qu´elles sont femmes,
Je suis faite de leurs regards.
Que de visages inconnus habitent en moi !
Comment pourrai-je me dérober aux voix de leurs souffrances ?
Je suis à leur écoute,
Libre de parler pour elles,
Libre de réveiller les consciences endormies.
Je suis faite de leurs regards,
Cachés derrière un tissu noir.
Je suis faite de tous les visages
Des hommes qui vivent dans les fers
Du totalitarisme politique et religieux,
Des hommes fouettés parce qu´ils aiment la musique sacrilège,
Des torturés du désert par sadisme royal,
De ceux qui sont pendus parce que leurs amours sont différents,
Des hommes qui ont peur d´être eux-mêmes
Parce qu´ils n´adhèrent pas aux dogmes d´un islam nazifiant,
De tous ces hommes inconnus qui souffrent
Parce qu´ils sont autres,
Je suis faite de leurs regards.
Que de visages inconnus habitent en moi !
Comment pourrai-je me dérober aux voix de leurs souffrances ?
Je suis à leur écoute,
Libre de parler pour eux,
Libre de réveiller les consciences assoupies.
Je suis faite de leurs regards,
Cachés derrière un masque noir.
Je suis faite du visage des mères aimantes
Qui veulent la vie pour leurs enfants et non la mort des justiciers de Dieu,
Je suis faite du visage des mères soucieuses
Qui veillent à transmettre l´Amour et non la haine,
De celles qui espèrent la Paix et non la guerre,
De celles qui prient pour le bonheur et non pour le malheur,
De toutes ces mères qui dans le silence et la foi
Offrent le meilleur d elles-mêmes,
Parce qu´elles sont mères
Je suis faite de leurs espoirs.
Que de visages inconnus habitent en moi !
Comment pourrai-je me dérober aux voix des enfants qui rêvent ?
Je suis à leur écoute,
Libre de parler pour eux,
Libre de réveiller les consciences éloignées.
Je suis faite du regard des mères
Penchés sur la vie de leurs petits.
Je suis faite de tous les visages de mes ancêtres,
Des 12 fils de Jacob descendus en Egypte,
Des Juifs emportés dans la violence et le sang,
Sur les bûchers de l´Inquisition
Massacrés dans les pogroms de l´Histoire,
Brûlés dans des fours humains,
Haïs parce que fidèles à la Tradition de leurs pères,
De tous ces hommes qui n´ont pas cessé de croire
Et qui ne demandaient rien que de vivre leurs Rites,
Je suis faite de leurs visages.
Que de visages habitent en moi !
Ceux des femmes et des hommes en souffrance
Poursuivis et persécutés parce que différents.
Comment pourrai-je me dérober aux voix qui me chuchotent
Que je suis libre dans un pays libre
De me faire l´écho de leurs tristes vies,
Libre dans un pays libre
De dire l´inacceptable.
Je suis faite de leurs voix.
(Rachel Franco - Jérusalem le 7 Juin 2009)
Par ROSETTA
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Mercredi 22 avril 2009
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12:23
Le Chant du peuple juif assassiné
Poème d'Isaac Katznelson
La peur, l’angoisse, la terreur horrible m’enserrent étroitement.
Les wagons sont là, de nouveau !
Partis hier soir, et de retour aujourd’hui, ils sont là, de nouveau là,
sur le quai.
Tu vois leur gueule ouverte ?
La gueule ouverte dans l’horreur !
Ils en veulent encore !
Encore, de nouveau. Rien ne les rassasie.
Ils sont là, ils attendent les Juifs.
Quand les apporte-t-on ?
Affamés comme s’ils n’avaient encore jamais englouti leur Juif...
Jamais... Mais oui ! ils en veulent encore, toujours plus.
Ils en veulent encore.
Ils sont là, attendant qu’on leur prépare la table,
Qu’on serve le repas, qu’on serve des Juifs autant qu’il en pourra entrer.
Des Juifs !
Vieux peuple aux enfants tout jeunes, jeunes et frais,
Grappes jeunes sur un vieux cep ;
et des vieillards comme le vin fort est vieux.
Ils étaient pleins pourtant, gavés, étouffés de Juifs !
Les morts debout, serrés, coincés entre les vivants,
Les morts debout sans toucher le sol à force d’être serrés,
Sans que l’on puisse voir dans la masse lequel est mort et lequel est vivant.
La tête du mort, comme une tête vivante, se balançait de-ci de-là,
Et sur le vivant coulait déjà la sueur de la mort.
L’enfant réclame à boire à sa mère, morte, une goutte d’eau,
Il lui frappe la tête de ses petites mains, pleurant parce qu’il a chaud.
Wagons vides ! Vous étiez pleins et vous voici vides à nouveau,
Où vous êtes-vous débarrassés de vos Juifs ?
Que leur est-il arrivé ?
Ils étaient dix mille, comptés, enregistrés – et vous voilà revenus ?
Ô dites-moi, wagons, wagons vides, où avez-vous été ?
Vous venez de l’autre monde, je sais, il ne doit pas être loin :
hier à peine vous êtes partis, tout chargés, et
aujourd’hui vous êtes déjà là !
Pourquoi tant de hâte, wagons ?
Avez-vous donc si peu de temps ?
Vous serez bientôt, comme moi, des vieillards,
bientôt brisés et gris.
Voir tout cela, regarder et entendre... Malheur !
Comment pouvez-vous le supporter, même faits de fer et de bois ?
Ô fer, tu étais enfoui dans la terre, profond, ô fer froid.
Et toi, bois, tu poussais, arbre sur la terre, haut et fier !
Et maintenant ? Des wagons, des wagons de marchandises
et vous regardez, témoins muets de cette charge,
Muets, fermés, vous avez vu.
Dites-moi, ô wagons, où menez-vous ce peuple,
ces Juifs emmenés à la mort ?
Ce n’est pas votre faute.
On vous charge,
on vous dit : va !
On vous envoie chargés, on vous ramène vides.
Wagons qui revenez de l’autre monde, parlez, dites un mot,
Faites parlez vos roues, que moi, que moi je pleure...
Isaac Katznelson,
octobre 1943,
"Le Chant du peuple juif assassiné"
Ce poème écrit alors que son épouse et deux de ses fils venaient d’être déportés de Varsovie aux chambres à gaz de Treblinka et que lui-même et son dernier fils allaient connaître le même sort un
peu plus tard.
Isaac Katznelson fut déporté de France par le convoi n°72 pati de Drancy vers Auschwitz le 29 avril 1944.
Par ROSETTA
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Mardi 21 avril 2009
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19:46
"Eretz, eretz, eretz,
Pays d'un bleu sans nuages,
Pays de soleil et aussi le lait et de miel,
Pays ou nous sommes nés
Ou nous demeurerons toujours
Nous serons ici, quoi qu'il arrive.
Pays que nous chérissons tant,
De nos coeurs si proche,
Pays que nous adorons
Nôtre pour toujours.
Pays ou sommes nés
Ou nous demeurerons toujours,
Nous serons ici, quoi qu'il arrive.
Eretz, eretz, eretz,
Pays de mer et de ciel,
Ou fleurs et enfants s'élèvent si haut,
Vers le nord les collines
Les vastes déserts du sud,
Et les frontières longues et étroites de chaque côté...
Eretz, eretz, eretz,
Pays de torah,
Tu es pour moi source de lumière et de foi.
Eretz, eretz, eretz,
Nôtre toujours tu seras,
Car la légende est devenue réalité.
Pays que chérissons tant..."
Par ROSETTA
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Lundi 6 avril 2009
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13:32
Par ROSETTA
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